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Jean Françaix, compositeur internationalement connu et joué, est né au Mans en 1912 où son père, pianiste et compositeur, dirigeait le conservatoire. Sa mère y enseignait le chant. Son épouse et ses enfants restent fidèles à la tradition musicale de la famille.
Jean Françaix habite actuellement Paris qu'il déserte régulièrement pour aller entendre jouer ou diriger ses oeuvres en France et à l' étranger.
...Mais, que le Maître se présente ...
"il ne passionnera pas une opinion blasée que je sois né au Mans, la ville des 24 heures automobiles, sinon qu'elle soit sous la garde d'une magnifique cathédrale qui m'a inspiré un Oratorio Fantastique, "
l'Apocalypse selon Saint Jean". Mon père avait le calme et l'obstination des gens du Nord de la France; ma mère était volcanique, quoique Mancelle, avec une ascendance lorraine. Je possède, comme il se doit, de l'un et de l'autre, le volcan illuminant le paysage tranquille de mon âme.
"Elevé dans la religion catholique, dans une ville qui possède une splendide cathédrale, connaissant familièrement chaque pierre de l'édifice depuis l'enfance, j'ai été comme poussé par une force secrète à composer cette oeuvre religieuse, demeurée jusqu'à présent unique dans le catalogue de mes compositions. L'approche prévue de la Seconde Guerre mondiale augurait logiquement de nouvelles convulsions apocalyptiques, d'où mon choix du sujet. Mais j'étais loin de me douter lorsque je lus sérieusement pour la première fois "L'Apocalypse" en 1937 que j'y trouverais non seulement un magnifique sujet peu connu des compositeurs passés, mais encore une réponse à presque toutes les grandes questions que je me posais alors.
Je me mis à étudier le texte de très près, aidé d'abord paradoxalement par un ami fort âgé, totalement incroyant, ancien élève de l'Ecole des Chartes; puis par les Pères de la fameuse abbaye de Solesmes...
"Mes amis" dodécaphoniques vous diront que je suis un volcan éteint et je m'en voudrais de les contrarier. Mon seul parchemin de garantie est un premier Prix de piano du Conservatoire de Paris, ce qui est mince; quelques décorations fleurissent sur ma poitrine, ce qui est absolument courant en France. Mais mon professeur d'écriture, Nadia Boulanger, n'a jamais pu m'apprendre ni l'harmonie ni le contrepoint et encore moins la fugue. Pour maintenir son prestige, elle disait partout que je savais tout cela d'instinct. Je dois à la vérité de dire que, lorsque je compose, les plus belles théories sont la dernière chose à quoi je pense. Les autoroutes de la pensée m'intéressent moins que les sentiers forestiers. Que les amateurs de lignes droites se rassurent : je sais jouer et diriger mes oeuvres à Carnegie Hall, à Munich ou à Rome, ou suivre d'éminentes baguettes : du vieux Keilberth au jeune Klaus Rainer Schöll, sans compter mon "Concertino" avec un certain Karajan...
"Mais, depuis ma prime jeunesse, je suis atteint du virus de la composition. Faire quelque chose en partant de la feuille blanche, quelle ivresse ! Pouvoir sortir de sa prison personnelle, quel privilège ! Et le risque est nul : si le message est sans valeur, je ne serai plus là pour le constater... Et Dieu m'en consolera, s'il veut bien de moi..."
L'activité dont Jean Françaix fait toujours montre, n'aurait pas paru étrange à Maurice Ravel qui, dès 1923, le distinguait ainsi dans une lettre à son père :
Maurice Ravel - 10 janvier 1923
Il reste actuellement le compositeur français le plus joué dans le monde (Cf. la SACEM)
Premier Prix de piano du Conservatoire de Paris en 1930, compositeur, Jean Françaix a joué ses oeuvres avec les orchestres :
Philadelphie, Boston, Vienne, Rome, Hambourg...
Professeur à l'Ecole Normale de Musique à Paris de 1959 à 1962, membre du conseil supérieur du Conservatoire National de Musique de 1958 à 1961, Jean Françaix est encore Président du Conseil Musical de la Principauté de Monaco et membre du Conseil de la Fondation Singer-Polignac.
| Distinctions | 1930 | Premier Prix de piano du Conservatoire de Paris |
| 1950 | Prix du Portique | |
| 1954 | Grand Prix du Disque dans la section musique de chambre | |
| 1965 | Grand Prix du Disque comme interprète et compositeur | |
| 1983 | Grand Prix de la Société des auteurs dramatiques | |
| 1992 | Prix Arthur Honegger | |
| 1992 | Grand Prix SACEM de la musique symphonique | |
| Décorations | Chevalier de la Légion d'Honneur | |
| Officier de l'Ordre National du Mérite | ||
| Commandeur des Arts et des Lettres | ||
| Commandeur de l'Ordre de Monte Carlo | ||
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Recherche documentaire par Muriel Bellier, musicologue
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